Hommage à Robert Jacot-Guillarmot (1918-2011)

L’Empereur du fer : c’est ainsi que l’écrivaine Anne-Lise Grobéty qualifia Jacot-Guillarmod.

« Langage de l’émotion, langage de l’instinct et parfois de l’imaginaire, l’œuvre de Robert Jacot-Guillarmod est bâtie sur une succession de rencontres. Tantôt réaliste, tantôt allégoriques, baroques ou stylisées, ses sculptures n’ont point de commun que la diversité des métaux utilisés et des thèmes traités. La réflexion de l’artiste n’est en effet jamais axée sur l’étude approfondie d’un sujet, d’une forme, d’un lieu, d’une émotion ou d’une structure, mais sur la mise en scène de situations mutiples, presque indépendantes les unes des autres. L’originalité est, par conséquent, la gageure essentielle, fondamentale de cette création foisonnante qui chante l’espoir tout en s’ouvrant continuellement à des nouvelles sensibilités. »  (Armande Reymond)

Né en 1918, Robert Jacot-Guillarmod a passé toute son enfance dans les Montagnes neuchâteloises. Après un apprentissage de ferronier et fasciné par le travail de la matière, il suit alors des cours à l’Ecole d’Art de La Chaux-de-Fonds. Malgré ses nombreux voyages et séjours plus ou moins longs à l’étranger (Paris, le Gard, Cuzco au Pérou, l’Equateur, les Îles Galapados, l’URSS,…), il revient sans cesse dans son pays neuchâtelois en habitant successivement diverses localités St-Aubin, La Côte-aux-Fées pour finalement s’établir dès 2007 à Couvet. Il y décéda en octobre 2011 en léguant de nombreuses œuvres au futur.

« Sous l’emprise d’une émotion, je ne cherche rien d’autre qu’à réaliser une sculpture. J’aime le côté physique du métier qui me conduit à assembler des plaques de fer, à les souder, à façonner une forme, à inventer un volume, à mettre en mouvement une énergie qui me permette de rendre compte des sensations qui m’habitent. » RJG

« Chaque fois que je fais une sculpture, je recommence tout depuis le début. C’est comme si quelque chose en moi de nouveau semble émerger pour me permettre de déceler de nouveaux espaces et de créer ainsi de nouvelles formes, lesquelles n’ont pas pour objectif de recopier la réalité, mais de traduire une essence. » RJG